Thème-thérapie : l’adolescence, la construction identitaire, l’autonomisation les amis, les enfants battus, la transmission trans-générationnelle, la conscience de sa mortalité pour un homme, combattre la peur de la mort, affrontement de la mort.

 

Harry Potter est une mine d’or, un chef d’œuvre, tant par la qualité que par la quantité des messages d’ordre psychologiques et politiques que l’œuvre de JK Rowling fait passer. Là où l’on disait que l’œuvre de Shakespeare ne pouvait pas être le fruit des pensées d’un seul et unique homme (car trop mature de par la quantité de messages et réflexions qu’elle portait), mais qu’elle ne pouvait avoir été écrite que par plusieurs personnes, je pense que l’on a ici la preuve qu’un seul être humain est capable de rassembler, en une seule, œuvre assez de matière pour aider un être humain, en particulier un adolescent, à se développer, et à répondre à de nombreuses questions de vie.

Concernant l’analyse, d’autres que moi s’y sont déjà essayé, et vous trouverez parmi ces liens ci-dessous, quantités d’interprétations et d’analyses des messages qui me semblent passionnantes et justes.

Personnellement, ce que j’avais notamment retenu de certains articles que j’avais pu lire sur les messages portés par Harry Potter, c’était que tout seul, on n’était finalement rien, et peu protégé. Ce sont aussi les gens que nous côtoyons, qui nous rendent forts. Car finalement, Harry n’est pas particulièrement fort en magie, et reste techniquement un piètre sorcier en comparaison à son amie Hermione Granger par exemple. Et il serait probablement mort très tôt sans l’intervention de cette dernière, de son ami Ron, et de nombreux autres alliés.

Autre sujet intéressant, celui de l’affrontement de la mort : survivre à celle de ses parents, très tôt, mais aussi affronter sa propre mort, puisque vaincre son pire ennemi impliquera de se laisser tuer lui-même. La notion de quête de l’immortalité revient pour beaucoup d’adultes de la saga (peur de la mort ?), et la notion revient à plusieurs reprises dans l’œuvre, avec la Pierre Philosophale.

Pour une analyse poussée du livre, je vous renvoie vers :

https://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2014-8-page-19.htm

Et quelques lignes de ce site (ci-dessus), qui m’ont passionnée :

« Les traumatismes de Harry et de Tom Jedusor ne sont pas de même nature. Pour Harry, qui a commencé sa vie entouré de l’amour de ses parents, et qui a contracté à leur égard – et tout particulièrement à l’égard de sa mère – une double dette de vie, la reprise d’un développement personnel, en début d’adolescence, s’étaye sur la réactivation d’investissements narcissiques précoces solides constitutifs d’une bonne illusion primaire (Winnicott, 1951), enfouie et protégée à travers les vicissitudes des pertes objectales. « Avoir été aimé si profondément te donne à jamais une protection contre les autres… » dit Dumbledore (tome 1). Freud, ancien enfant chéri de sa mère, ne dit pas autre chose, comme le relève S. De Mijolla-Mellor (2006), qui le cite : « Quand ona été le favori incontesté de sa mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès, dont il n’est pas rare qu’elle entraîne effectivement après soi le succès ».

« Pour Tom Jedusor, orphelin d’une mère morte en couches, enfant non investi, carencé et rejeté par un père psychopathe, la béance narcissique ne peut être déniée que par l’accomplissement d’un destin grandiose qui se place sous l’égide de la haine de l’existence d’autrui, ne laissant comme issue « sociale » que la domination cruelle et l’emprise omnipotente. »

« et l’un devra mourir de la main de l’autre car aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit ».

« La trame des aventures de Harry Potter s’inscrit ainsi dans la veine des grands mythes, de Moïse à Œdipe, où la prédiction de la naissance d’un enfant appelé à prendre le pouvoir provoque une suite de violences et de sauvegardes qui aboutissent inéluctablement à la réalisation de la prophétie »

Photo de Alex Azabache sur Pexels.com

L’histoire :

Celle d’un adolescent anglais orphelin de père et de mère, qui vit chez ses méchants tante, oncle et cousin Dudley, et qui découvre qu’il est un sorcier. Il reçoit un jour une lettre lui disant qu’il va intégrer une grande école de magie : Poudlard.

« « Quand on a été le favori incontesté de sa mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès, dont il n’est pas rare qu’elle entraîne effectivement après soi le succès ».S.Freud » 

AJ

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saori226

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